C’est l’odeur qu’on garde sur soi sans s’en rendre compte.
Sur les mains.Dans les vêtements.
Dans les cheveux.
Celle qu’on sent encore le soir,
quand tout est fini,
dans le calme qui retombe.
L’odeur des chevaux.
Une seule inspiration
et quelque chose se dépose.
Le corps réagit avant la tête.
Les épaules lâchent.
La respiration descend plus bas.
C’est l’odeur du poil chaud.
Du foin.
De la poussière.
Du soleil resté pris dans la robe.
Pour certains, elle est trop forte.
Trop animale.
Inconfortable.
Mais pour ceux qui côtoient les chevaux,
elle n’est jamais anodine.
Elle ramène à la première fois.
À l’enfance.
À ce moment précis où quelque chose s’est placé à l’intérieur
sans jamais repartir.
Une odeur vraie.
Vivante.
Indomptée.
Ce n’est pas une odeur qu’on aime.
C’est une odeur qu’on reconnaît.
Et quand elle disparaît,
elle nous manque comme nous manque l’endroit
où l’on savait être soi,
sans avoir besoin de le penser
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