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STAGE CUISINE

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Le jardin d'Hélène vous invite à remettre au goût du jour
les connaissances ancestrales des plantes sauvages,
sous la forme de stage de 1 à 7 jours, d'ateliers culinaires,
de conférences et de sorties nature.

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vendredi 16 janvier 2026

LE CORPS NE SE SOUVIENT PAS AVEC DES MOTS

 LE CORPS NE SE SOUVIENT PAS AVEC DES MOTS


Quand je dis que le corps est un lieu de mémoire non verbale,
je ne parle pas d’un souvenir flou ou symbolique.

Je parle de réponses physiologiques enregistrées en profondeur,
dans le système nerveux autonome,
dans les réflexes de survie,
dans la manière dont le souffle se coupe,
dont les muscles se contractent,
dont le regard se fige ou se dissocie.

Les travaux de Bessel van der Kolk l’ont montré clairement :
le trauma n’est pas stocké comme une histoire cohérente,
mais comme une empreinte sensorielle fragmentée, sensations, images, tensions, réactions automatiques.

C’est pour cela que le corps réagit avant même que l’esprit comprenne 🙏

Avant que tu aies le temps de réfléchir.
Avant que tu puisses te rassurer.
Tu peux savoir que tu n’es plus en danger,
et pourtant ton cœur s’emballe,
ton ventre se noue,
ton système nerveux déclenche une alarme.

Ce n’est pas un manque de logique.
C’est une mémoire qui ne parle pas le langage des mots 🙏

Pourquoi parler ne suffit pas:
J’ai longtemps cru, comme beaucoup, que mettre des mots suffisait.
Que comprendre l’origine d’une blessure allait apaiser le corps.

Mais la réalité est plus brutale 🙏

Parler agit sur le cortex préfrontal.
Sur la compréhension.
Sur le récit.

Or le trauma, lui, vit dans des zones non verbales du cerveau :
l’amygdale, le tronc cérébral, les circuits sensorimoteurs.

Quand on parle d’un événement sans régulation corporelle suffisante,
on peut même réactiver la réponse de survie au lieu de la désamorcer.

C’est ce que montrent de nombreuses approches contemporaines du trauma :
raconter sans sécurité somatique peut maintenir le système nerveux en état d’alerte.

On revit, au lieu d’intégrer.
On explique, au lieu d’apaiser 🙏

Et beaucoup de personnes confondent alors catharsis et guérison.

Pourquoi comprendre n’apaise pas:
Comprendre donne du sens.
Mais le sens ne régule pas un système nerveux.
Un corps ne se calme pas parce qu’il a compris.
Il se calme quand il ressent physiquement la sécurité.

C’est l’un des points, pour moi, les plus mal compris dans le développement personnel et la spiritualité contemporaine.

On dit :
“J’ai compris pourquoi je réagis comme ça.”
Mais le corps, lui, continue de réagir exactement de la même manière.
Pourquoi ?
Parce que la compréhension n’a pas modifié la réponse automatique.

Le système nerveux n’obéit pas à la logique.
Il obéit à l’expérience 🙏

Tant que le corps n’a pas vécu autre chose que l’alerte,
il continue à choisir l’alerte.

Pourquoi les affirmations positives peuvent aggraver:
C’est un point extrêmement sensible, et rarement abordé honnêtement (à mon sens)
Répéter “je suis en sécurité”
quand le corps ne ressent pas la sécurité
crée un conflit interne profond.

Le mental affirme.
Le corps contredit.

Et ce décalage peut renforcer :
la dissociation,
la culpabilité (“je devrais aller mieux”),
la perte de confiance dans ses ressentis.

Certaines personnes finissent même par se couper davantage de leur corps,
parce que la réalité somatique devient trop incohérente avec le discours intérieur.

La sécurité ne se décrète pas.
Elle se vit 🙏

Pourquoi certaines pratiques “douces” réactivent le trauma:
C’est pour moi, une autre vérité dérangeante.

Le calme, le silence, la lenteur,
ne sont pas automatiquement régulateurs.

Pour un système nerveux profondément dysrégulé,
le calme peut être vécu comme une menace 🙏

Quand l’agitation cesse,
le corps n’est plus distrait.
Les sensations enfouies remontent.
Les tensions deviennent perceptibles.

C’est pour cela que certaines méditations, certaines respirations, certaines pratiques dites “douces” déclenchent :
des crises d’angoisse,
des flashs corporels,
une dissociation,
ou un sentiment d’effondrement.

Ce n’est pas un échec.
C’est une mémoire qui se réactive sans cadre de sécurité suffisant 🙏

Ce que j’ai compris de la régulation:
La régulation du système nerveux ne passe pas par plus d’explications.
Elle passe par une relation progressive et sécurisée au corps.

Elle passe par :
sentir sans être submergé,
ralentir sans s’effondrer,
respirer sans danger,
rester présent sans se dissocier.
Ce n’est pas spectaculaire.
Ce n’est pas rapide.
Ce n’est pas instagrammable.
Mais c’est là que la mémoire corporelle commence à se transformer.

Ma vérité, c’est que pendant longtemps, j’ai cru que guérir consistait à comprendre.
À relier les points.
À mettre du sens sur les blessures.
À nommer les mécanismes.

J’ai cru que si je comprenais assez profondément, le corps finirait par suivre.

Mais le corps ne suit pas les idées.
Il suit ce qu’il vit 🙏

J’ai vu des personnes brillantes, lucides, conscientes,
capables d’analyser chaque recoin de leur histoire,
et pourtant prisonnières d’un système nerveux en alerte permanente.

Elles savaient.
Mais leur corps ne se sentait pas en sécurité.

Et c’est là que j’ai compris quelque chose de fondamental :
le trauma n’est pas un manque de compréhension,
c’est un manque de sécurité vécue.

Ma vérité, c’est que le corps n’a jamais été entendu.
Il a été interprété.
Corrigé.

Forcé à se détendre.
Forcé à pardonner.
Forcé à lâcher prise.

Mais jamais vraiment écouté 🙏

On a demandé au corps de se calmer
sans jamais lui prouver qu’il pouvait le faire sans danger.

On lui a dit “ce n’est plus comme avant”,
alors que pour lui, tout se passait maintenant.

Ma vérité, c’est que tant qu’un corps n’a pas vécu, dans le présent,
une expérience répétée de sécurité réelle,
il continuera à choisir la survie, même dans l’amour, même dans la paix, même dans la lumière.

Il sabotera le calme.
Il cherchera l’intensité.
Il confondra l’activation avec la vie.

Et ce n’est pas un défaut.
C’est une intelligence de survie 🙏

Ma vérité, c’est que la régulation n’est pas un objectif.
C’est une conséquence.
La conséquence d’un corps qui, enfin,
cesse d’être en vigilance constante.

La conséquence d’un système nerveux qui apprend, lentement,
qu’il peut rester ouvert sans être envahi,
présent sans être détruit,
en lien sans se perdre.

Ma vérité, c’est que le corps n’a pas besoin qu’on le force à guérir 🙏

Il a besoin qu’on lui offre des conditions suffisamment sûres
pour qu’il ose relâcher ce qu’il tient depuis trop longtemps.

Et tant qu’on cherchera à transformer l’humain par le récit,
sans passer par le vécu corporel,
on continuera à créer des êtres qui comprennent tout
mais ne se sentent jamais vraiment en paix.

Le corps ne demande pas des réponses.
Il demande une expérience 🙏

Et c’est là, seulement là,
que commence une transformation réelle.



CÉDRIC JARDEL

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